Portrait de petite #17 - Valentine Manceau
Aujourd'hui, je vous présente Valentine Manceau, une petite d'1m52, illustratrice engagée au nom de « Mlle Valentine ». Découvrez avec nous son univers passionnant et unique !

Parce qu’en illustration tout est possible, je crée du rêve, de la poésie, de la beauté, de l’imaginaire. Je crée aussi pour donner du sens et faire passer un message.

 

 Peux-tu commencer par te présenter ?

Je m’appelle Valentine, j’ai 44 ans, et je suis une petite : du haut de mon mètre 52, je n’ai jamais mangé de soupe sur la tête de quelqu’un à part peut-être sur celle d'un enfant. J’exerce mon métier d’illustratrice sous le pseudo « Mlle Valentine » et l’art fait partie de mon quotidien depuis toujours. Née au milieu d’une famille d’artistes, j’ai découvert très vite le plaisir du dessin. Aujourd’hui, je partage ma vie avec un artiste urbain et il n’est pas rare de me lier d'amitié avec des esprits créateurs.

 

 Peux-tu nous parler de ton parcours ?

Après un Bac arts appliqués, j’ai étudié à l’école des Beaux-Arts pendant 5 ans.
À la fin de mes études, j’ai commencé à donner des cours pour enfants et adultes dans un atelier, puis, j’ai été professeur d’arts appliqués. J’avais déjà cette volonté de raconter des histoires, sous forme de triptyques et ce n’est que plus tard, à l’âge de 32 ans, que je me suis imaginé faire de l’illustration mon métier.
Au début, j’ai travaillé d’arrache-pied, j’ai illustré les textes de mon père qui faisait de la chanson pour enfants. Petit à petit, j’ai pu me construire un portfolio plus professionnel. Je me déplaçais régulièrement à Paris sur les salons pour aller à la rencontre des éditeurs. J’envoyais une grande quantité de mails et ne recevais que quelques réponses, mais je savais que c’était ma voie donc j’ai continué. La persévérance, c’est la clé ! C’est en décembre 2012, que tout s’est accéléré. J’ai été contactée par une écrivaine et j’ai réalisé les illustrations de mon premier livre édité, simultanément, une agence d’illustrateurs parisienne m’a prise sous son aile et aujourd’hui, j’ai des clients régulièrement.

 

 Peux-tu nous parler de ton activité ?

Mon activité est avant tout un espace de liberté essentielle à mon bien-être. Parce qu’en illustration tout est possible, je crée du rêve, de la poésie, de la beauté, de l’imaginaire. Je crée aussi pour donner du sens et faire passer un message.

 

En quoi cela consiste ?

Ma mission principale est de mettre un texte en image que cela soit pour un livre pour enfants, la couverture d’un roman, un magazine ou une affiche publicitaire. Mon travail se divise en plusieurs phases. Tout d’abord, je peux être amenée à rencontrer le client afin de cerner ses besoins. De cet échange va s’établir un cahier des charges récapitulant les exigences du client et donc les différents points à respecter pour que le projet finalisé soit conforme à ses attentes. Un délai de livraison est imparti et je peux commencer à rentrer dans la phase de création. J’effectue toujours des recherches préalables sous forme d'esquisses aux crayons pour illustrer le concept et définir la composition de l’illustration. Quand celles-ci sont validées, je passe au dessin final. Le plus important pour moi, c’est que mon client soit le plus satisfait possible. Par conséquent, j’aime proposer plusieurs options, aussi bien en termes d’esquisses que de colorisation. Ce métier demande de la créativité, un sens de l’imagination et de l’esthétique, un bon coup de crayon, une maîtrise technique des logiciels de conception graphique mais aussi une bonne capacité d’écoute. Je pense qu’il est également très important d’avoir une solide culture pour faire de l’illustration. C’est le meilleur moyen de se différencier et de trouver l’inspiration. En tant qu’indépendante, je m’occupe aussi d’un certain nombre de tâches annexes : la comptabilité, la communication, la prospection...


    Qu’est-ce qui t’as poussée à te diriger vers cette activité ? 

    Depuis que je suis toute petite, je m’imagine exercer un métier lié à la création. Créer a toujours été un besoin vital chez moi. Aussi, j’ai toujours eu du mal à accepter le cadre professionnel lorsqu’il y a une hiérarchie. Être à mon compte me correspond totalement, je travaille à mon rythme et je trouve qu’il est plus facile de vaincre la routine et d’élargir mon domaine de compétences. Le fait de ne pas avoir de salaire fixe est très motivant. Plus on travaille, plus on est récompensé.
     
     

    Comment décrirais-tu ton univers ? 

    Mes illustrations ont souvent une tonalité poétique, insolite, quelquefois surréaliste. Humour, tendresse, personnages un brin rétro, couleurs soigneusement choisies caractérisent aussi mon style.


    Qu’est-ce qui t’anime dans ton métier ? Qu’est-ce qui te fait vibrer ?

    Ce que j’aime le plus dans mon travail, c’est imaginer un univers, donner une ambiance particulière à une histoire. Le temps d’un projet, je me retrouve plongée dans un monde parallèle que je crée. Ça me rend heureuse et quand le projet touche à sa fin, c’est une immense satisfaction.


    Tu es passionnée et engagée auprès des enfants avec des ateliers d’illustrations ponctuels, peux-tu nous en parler ?

    J’aime créer des liens avec les enfants. Ils sont spontanés, libres, curieux, ils ont cet esprit d’émerveillement précieux que nous perdons souvent à l’âge adulte. C’est cet esprit qui me plaît. J’ai toujours travaillé avec les enfants et depuis plusieurs années, j’interviens en qualité d’illustratrice dans des établissements scolaires de la petite section à la 6ème pour animer des ateliers autour du livre. Nous imaginons une histoire avec les enseignants et les enfants. Ils débordent d’idées, ce qui résulte à des aventures farfelues, poétiques et drôles. Par la suite, j’interviens pour les aider à créer les illustrations, à sélectionner des idées et les mettre en forme. Cette expérience leur permet d’avoir accès à toutes les étapes présentes à la chaîne du livre de manière simplifiée. Le plus souvent, c’est un projet commun à toutes les classes de l’école qui s’étend sur plusieurs mois.


    Pour finir, quelques questions pour apprendre à te connaître ?

     Ton activité préférée quand tu as du temps libre ?

    J’aime l’art sous toutes ses formes et pour moi savoir se mettre en valeur avec de belles tenues en fait partie. Alors, dès que j’ai du temps, je fais du shopping. Par contre, je suis contre la surconsommation alors je privilégie la qualité à la quantité et je choisis les pièces de mon dressing avec soin pour pouvoir les porter longtemps. 

    Ton dernier coup de cœur mode ?

    Une jupe rose pâle. 

    Ta tenue de tous les jours ?

    Comme le pantalon reste la bête noire de la femme petite, je suis souvent en robe ou en jupe. Cet été, je porte souvent la jupe dite « mi-mollet » (sur moi, c’est plutôt une jupe longue) avec un débardeur et des sandales plates.  

    Ta pièce Petite and So What préférée ?

    J'ai eu un gros coup de cœur pour la robe Laure qui malheureusement est en rupture quand j'ai découvert le site, et le top Reese.

    Ton illustration préférée ?

    Je n’ai pas vraiment d’illustration préférée, je m’intéresse et j’apprécie le travail de nombreux d’illustrateurs ou artistes. Chaque univers est enrichissant. J’ai un faible pour le travail de Marion Fayolle.

    Un message à transmettre à toutes les petites qui vont te lire ?

    Les petites mais aussi les grandes, les rondes, les plus âgées, l’important est de s’accepter avec nos particularités et nos différences qui font de nous des êtres uniques. J’ajouterais aussi « Si tu ne peux pas faire de grandes choses faites en des petites avec grandeur.»

     

    Merci beaucoup Valentine ! 

    16 septembre, 2022 — Clara Legaillard

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