Portrait de Petite #9 : Mélanie Hong, 1m56, entrepreneure | petiteandsowhat
 Aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous présenter Mélanie Hong, une petite d'1m56, ex avocate en droit social, reconvertie dans le podcast. J'ai rencontré Mélanie l'année dernière grâce à son podcast Melting Pot. J'étais l'invité de son 13ème épisode. On avait beaucoup discuté toutes les deux et j'avais beaucoup aimé son parcours et sa personnalité. Mélanie est une battante : elle croit en ses rêves et se donne tous les moyens pour les concrétiser. Mélanie est un très bel exemple de réussite, qui j'en suis sûre, vous inspirera beaucoup.

On est souvent perfectionniste, ou alors on a peur de se lancer. Mon conseil, c’est de le faire, même si ce n’est pas bien. Tu auras le temps de t’améliorer. Alors que si tu ne te lances pas, ce sera un projet inachevé dont tu seras encore moins fière qu’un podcast diffusé même imparfait.

Est-ce que tu peux commencer par te présenter ?

Je suis une maman de 31 ans. Je suis française d'origine vietnamienne et chinoise. J'étais avocate et aujourd'hui, je suis entrepreneure. J'ai créé une société de production et de formation à la création de podcasts.

Tu étais avocate avant d'entreprendre. Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ?

J'ai toujours été bonne élève. J'ai toujours accordé une grande importance aux études. Mes parents, immigrés, voulaient que j'aie une bonne situation. Quand je dis "bonne situation", je pense à des métiers prestigieux qui nous permettent de bien gagner notre vie : avocate, médecin, ingénieur... Je me suis donc orientée vers un bac général scientifique. Mais je ne savais pas quoi faire après le bac. J'adorais l'art plastique, la musique, je lisais beaucoup et je dessinais. Je voulais être écrivain ou dessinatrice. Mais c'était un rêve, ce n'était pas un métier que j'envisageais.
Du coup, mon orientation a suivi un raisonnement très pragmatique. J'adorais les langues étrangères, les cultures, voyager et être indépendante. Je n'ai jamais beaucoup aimé l'autorité, j'ai toujours voulu être mon propre patron ! Et puis, je voulais aussi que mes parents soient fiers de moi. J'ai donc décidé d'être diplomate. C'était la meilleure façon de voyager en faisant un métier prestigieux. J'avais tracé tout mon parcours en tête : Sciences Po puis l'ENA. J'ai passé le concours de Sciences Po après le bac et je suis tombée des nues. Je n'ai pas été admise et je n'avais pas de plan B. Du coup, je me suis inscrite en fac d'histoire et de droit; les deux filières qui permettaient une admission parallèle en deuxième année à Sciences Po.
J'ai alors intégré la fac de droit et je me suis mise à aimer le droit. La théorie, ce n'est pas ce que je préférais. Mais en troisième année, j'ai eu la chance de partir en échange Erasmus en Suède. Là-bas, on était 20 par cours, et on a fait de la pratique toute l'année (des procès fictifs essentiellement). On était loin des amphithéâtres et des cours magistraux qu'on avait en France. C'est à ce moment donné que j'ai commencé à aimer le droit. En revenant de Suède, c'était comme une évidence. Je voulais devenir avocate ! J'ai donc passé le barreau, je suis rentrée à l'école d'avocat. Puis j'ai intégré un cabinet d'avocat anglo-saxon.

Au bout de quatre ans, tu quittes le Barreau. Ça a été un véritable combat pour toi. Comment tu en es arrivée à prendre une telle décision ?

Dans les grands cabinets d'avocats parisiens, tu montes en compétence très rapidement. J'avais une évolution toute tracée. J'adorais ce que je faisais, j'étais épanouie. Les missions étaient variées : je faisais des consultations à l'écrit, à l'oral, des plaidoiries également. J'apprenais à manager. Tous les ans, je me perfectionnais. Mais, je travaillais énormément. Je ne comptais pas mes heures, ni les nuits que je passais à travailler. Je n'avais pas de temps pour moi. J'étais épuisée. Et je suis quelqu'un qui se lasse vite. Au bout d'un moment, j'avais l'impression de toujours faire la même chose. Je me suis mariée et je n'imaginais pas avoir des enfants avec ma carrière.
Au bout de trois ans, j'ai commencé à être régulièrement chassée par des cabinets de recrutement. Je recevais beaucoup d'offres d'emploi de cabinets externes. A chaque offre, je répondais "non". On m'a même proposé le job de mes rêves : associée dans un cabinet au soleil dans le Sud de la France. C'était une opportunité incroyable pour une avocate de seulement 3 ans d'expérience et pourtant, ça ne me faisait pas rêver. J'ai hésité mais j'ai refusé. C'est à ce moment donné que j'ai vraiment commencé à me poser des questions sur mon avenir et à réfléchir à mes priorités. Si je refusais une telle offre, je ne pouvais pas continuer dans cette voie.
En 2016, j'ai su que j'allais arrêter. Mais je ne savais pas quoi faire ...
Début 2017, j'ai fait un bilan de compétence. Ça m'a permis de prendre conscience que je pouvais reprendre le contrôle de mon emploi du temps et de mes priorités. J'étais à la base persuadée que je ne pouvais pas sacrifier 10 ans de ma vie sans avoir de plan derrière. Je pensais que je devais absolument trouver "mon talent". A cela, s'ajoutaient des difficultés supplémentaires. En tant qu'indépendante, je ne pouvais pas toucher le chômage. Et je devais aussi démissionner du barreau et mettre fin à ma carrière d'avocate. J'ai réussi à prendre du recul, je me suis rendue compte que tout cela n'était pas grave. J'ai trouvé un job alimentaire, un CDI en tant que journaliste juridique pour assurer le plan financier. Et j'ai démissionné. Sans savoir ce que j'allais faire après. J'étais hyper excitée et hyper heureuse. Je me suis alors donnée un an pour trouver ma voie.

Quel courage Mélanie ! Alors, comment s'est passée cette année ?

J'avais une année devant moi pour explorer tout ce que je n'ai jamais osé faire. Je me suis inscrite à deux cours de dessin, j'enchaînais les afterwork et workshop, je visitais Paris. Enfin, je prenais du temps pour moi. Mon mari m'a dit qu'il ne m'avait jamais aussi peu vue. Moi, je m'éclatais, je rencontrais plein de monde, j'apprenais énormément de choses. J'écoutais beaucoup de podcast à cette époque.
En Février 2018, j'ai eu envie de créer mon podcast. Je ne pensais pas du tout en faire mon métier. J'étais persuadée à ce moment donné, que j'allais être dessinatrice. J'avais plusieurs idées de podcast en tête. La première consistait à interviewer des entrepreneurs responsables : un pâtissier vegan, une créatrice de mode responsable, etc. Je voulais l'appeler "les Nouveaux Utopistes". L'idée du deuxième podcast, c'était de ré-humaniser les migrants. Je voulais que les gens changent leur vision des migrants, en leur permettant de raconter leur histoire. Mais ce n'était pas réalisable : souvent, ils ne parlaient pas bien français et n'étaient pas prêts à se dévoiler. J'ai donc décidé d'interviewer des immigrés devenus français ou enfants d'immigrés. C'est comme ça que "Melting Pot" est né.
J'ai passé plusieurs mois à faire des interviews, à enregistrer des podcasts mais je n'osais pas les sortir. J'avais peur ! Au bout d'un moment, j'en avais 7, il fallait que je les diffuse. J'ai sorti le premier épisode le 14 Juillet 2018, le jour de la fête nationale. J'ai eu 50 écoutes. Ce n'était pas énorme, mais je n'en avais parlé à personne et des gens m'écoutaient. Je faisais quelque chose qui me plaisait et c'était le principal. Malgré ma timidité, je me suis rendue compte que j'adorais aller à la rencontre des gens et rentrer dans leur intimité. Je me suis donc demandée si je ne voulais pas devenir journaliste ? Mais il fallait refaire des études, et l'idée de me faire imposer un sujet ne me plaisait pas. Je voulais être libre d'interviewer qui je voulais, quand je le voulais. Je me suis alors orientée vers le podcast. Le podcast finalement réunit tout ce que j'aime : porter un message qui a du sens, faire quelque chose de créatif et créer une œuvre qui dure dans le temps.

Aujourd'hui, tu es une spécialiste du podcast. Tu en as 4. Comment tu envisages ta carrière dans le podcast ?

En effet, j'ai 4 podcasts : Melting Pot, les Coulisses du Podcast, Mija et Part de Voix.
J'ai intégré début 2019 une école de radio qui forme à la création sonore (Transmission) et depuis août 2019, je forme à la création de podcasts via une société que j'ai créée : Bonjour Podcast. Aujourd'hui, j'organise des ateliers de formation collectifs et je propose des coachings individuels aux particuliers et professionnels indépendants pour les aider à créer ou améliorer leurs podcasts. Depuis 2020, je propose aussi des services de production de podcasts aux entreprises, et je prévois encore de nouvelles offres pour les podcasteurs d'ici la fin de l'année.
Je suis vraiment contente de la tournure que les choses prennent. Je me donne maintenant un an pour en vivre correctement !

Bravo pour ton parcours ! Quels sont les conseils que tu donnerais aux personnes qui souhaitent se lancer dans le podcast ?

Déjà, je pense qu'il faut savoir avant tout pourquoi on souhaite créer un podcast. Est-ce pour rencontrer des gens ? Est-ce un loisir ? Ce n'est jamais anodin et il faut en connaître les raisons. Car ça conditionne ensuite beaucoup de choses (la ligne éditoriale, sa motivation, le temps qu'on y passe, etc).
Je conseille de ne pas se comparer aux autres !
Puis, il faut oser se lancer même si tu n'es pas prête, et encore plus si tu as peur ! On est souvent perfectionniste, ou alors on a peur de se lancer. Mon conseil, c'est de le faire, même si ce n'est pas bien. Tu auras le temps de t'améliorer. Alors que si tu ne te lances pas, ce sera un projet inachevé dont tu seras encore moins fière qu'un podcast diffusé même imparfait.

Quelques questions pour mieux te connaître

Ta devise ?

En fait, j'en ai plein. Mes préférées  : "N'avoir aucun regrets', "Toujours être fidèle à soi-même" et "Toujours être bienveillant envers les autres".

Ta dernière lecture ?

Je n'ai pas le temps en ce moment, donc je lis très peu. J'ai dernièrement acheté le livre "Insoutenable Paradis" de Grégory Pouy, le créateur de Vlan! un podcast que j'aime beaucoup. C'est un livre qui nous fait réfléchir sur la société de demain. Comment faut-il la penser pour qu'elle soit plus respectueuse, plus écologique et plus harmonieuse.

Ton plat préféré ?

C'est forcément un plat vietnamien : les ban cuon ou le pho.

La tenue dans laquelle tu te sens bien ?

En jean et tee-shirt.

Ta pièce Petite and So What préférée ?

Ton dernier coup de cœur à nous partager ?

La tablette de chocolat Alter eco Chocolat noir fruit de la passion !

Merci Mélanie ! Je te souhaite tout le meilleur pour la suite !
18 juin, 2020 — Julie Luong Si

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