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Portrait de Petite #8 : Idaline Le Granvalet, avocate

mai 6, 2020
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Contrairement à ce que l’on peut penser, le droit est un secteur très féminin. Il y a beaucoup de femmes en fac de droit, et beaucoup de femmes qui passent le barreau. Les femmes sont majoritaires avec 56,4% d’avocates sur le marché du travail. Cependant, comme dans beaucoup de secteurs, les hommes sont majoritaires à des postes de responsabilités plus élevés.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter Idaline Le Granvalet, 1m58, avocate en droit des affaires, une profession qui se féminise mais dans laquelle les clients ne semblent encore faire confiance qu’aux hommes ! Pas facile d’être prise au sérieux quand on est une femme et encore moins quand on est petite !

Je pense que je n’ai pas le profil de l’avocate qu’on aimerait avoir spontanément sur ses dossiers. On imagine plutôt un homme fonceur, qui parle plus fort que les autres. On recherche chez la personne qui  nous défend, un certain profil. Mais je leur fais bien comprendre que j’ai autant de ténacité qu’un mec. Et que je peux même en faire plus que les hommes !

Pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter ?

J’ai 30 ans, je suis avocate depuis bientôt 4 ans. J’ai un parcours académique classique : j’ai un bac L, une licence en droit européen et un Master en droit des affaires. J’ai passé le barreau de Paris, j’ai commencé à travailler à Paris puis je suis revenue au barreau de Lille depuis à peu près deux ans. Je travaille dans un cabinet d’avocats en tant qu’avocate en droit des affaires.

Devenir avocate, ce n’était pas une vocation. C’étaient plutôt une succession d’opportunités que j’ai saisies au fil du temps. Après avoir obtenu mon bac, je suis partie aux USA. J’avais envie de m’ouvrir sur le reste du monde. Ça a été pour moi une année très enrichissante qui m’a permis de beaucoup apprendre sur moi-même.

Quand il a fallu rentrer, je ne savais pas quoi faire mais j’avais envie d’une carrière. Je n’avais pas d »objectif précis. Je suis entrée en fac de droit. Par la suite, quand mes copines se sont lancées à passer le barreau, je les ai suivies. Je l’ai passé, je l’ai eu et aujourd’hui, je suis super contente d’être là. Ce n’était pas une vocation à l’origine, mais je me rends compte finalement qu’être avocate, c’est tendre vers le type de femme que je voulais devenir quand j’étais petite. Celle dont on riait gentiment à cause de sa petite taille, j’étais toujours la plus petite de la famille, et la plus frêle. On riait de moi et ça m’infantilisait. Inconsciemment, j’ai choisi ce cursus et ce chemin parce que je voulais être une working girl femme d’affaires, ambitieuse. Celle qui est forte et qui évolue dans un monde masculin !

Comment tu vis ta taille dans ton quotidien et dans ta sphère professionnelle ?

Je ne vis pas mal ma petite taille. Effectivement, si j’avais 10 cm en plus, ce serait probablement mieux. Ma taille participe à me décrédibiliser au travail, en plus de paraitre jeune et d’être une femme. Au travail, on m’appelle « Mademoiselle », alors qu’on appelle mon confrère « Maître ». On me prend souvent pour l’assistante. Mais je le prends avec le sourire.

Avec les clients, je pense que je n’ai pas le profil de l’avocate qu’on aimerait avoir spontanément sur ses dossiers. On imagine plutôt un homme fonceur, qui parle plus fort que les autres. On recherche chez la personne qui  nous défend, une certain profil. Mais je leur fais bien comprendre que j’ai autant de ténacité qu’un mec. Et que je peux même en faire plus que les hommes !

Une anecdote d’une situation que tu as vécue au travail que tu souhaites nous partager sur le sujet ?

Il y en a tellement !

J’en ai une qui me vient en tête. Il s’agit de l’un des premiers dossiers que j’ai traités dans le cabinet dans lequel je travaille actuellement : c’était le cas un homme qui avait une activité de pompes funèbres. Pour diverses raisons, il avait décidé de passer la main et de transmettre son entreprise à repreneur. La veille de signer le contrat, ce monsieur m’appelle. Il me dit : « Pour vous, ce n’est qu’un dossier. Mais pour moi, c’est mon bébé. J’ai vu ma société grandir. Je ne peux pas la laisser partir dans les mains de n’importe qui. » Cet homme grand, imposant, d’une soixantaine d’années m’avait beaucoup émue. C’était la première fois que je me suis dit qu’on ne pouvait pas traiter ce genre de dossier comme un simple dossier.

Ce que je fais au quotidien, c’est défendre l’humain, les salariés. Je vis de belles histoires dans ce métier en m’appropriant leur propre Histoire. Finalement, ce monsieur n’a pas cédé sa société. Je mesure la chance que j’aie de faire un métier qui a du sens.

Une anecdote de petite dans ton travail à nous raconter

Un associé du cabinet devait partir en audience. Impossible pour lui de mettre sa main sur sa robe. Je lui ai donc proposé la mienne. Il essaie ma robe et bien évidemment, elle était beaucoup trop courte pour lui. C’était très drôle ! En fait, les robes sont faites sur-mesure, elles sont très codifiées. On choisit le tissu selon l’utilisation et on peut ajouter des détails. La mienne a été doublée en rose. J’ai voulu apporter une touche fun à quelque chose qui ne l’est pas.

Comment vis-tu ton confinement en ce moment ? Tu télétravailles ?

Je peux travailler normalement (je ne plaide pas). On fait des réunions en visioconférence avec les clients. En ce moment, c’est assez tendu parce qu’avec la crisse, on essaie surtout de sauver les activités de nos clients.

Comment tu t’habilles pour aller travailler ? Quelle est ta tenue de tous les jours ?

Je m’habille en robe ou en jupe. Je porte très rarement des pantalons. J’essaie toujours d’élancer la silhouette en mettant des jupes ou des robes courtes et des talons. J’ai une passion pour les chaussures et je ne porte que des talons !

Au niveau des couleurs, je porte très souvent des couleurs sombres (noir, bleu marine). J’aime  beaucoup mettre des robes épurées structurées, que j’accessoirise avec des chaussures et des sacs à main de couleur (comme du bleu électrique ou du orange).

Et comment tu t’habilles en ce moment en confinement ?

Mon look n’a pas changé. Je m’habille et me maquille le matin, comme si j’allais au travail. Ça participe aussi à garder un rythme de travail, même si on reste chez soi. En ce moment, j’aime beaucoup porter des chemises, des cols claudine, etc.

Tu chausses du combien ?

Je chausse du 35.

Tu n’as pas trop de difficultés pour te chausser ? Où trouves-tu des chaussures à ta petite pointure ?

En effet, c’est compliqué de trouver des chaussures à talon. Je ne peux pas acheter chez toutes les marques, bien évidemment. J’aime beaucoup les Louboutin. Je porte toujours environ 10 cm de talon, rarement plus mais rarement moins. En fonction des marques, je fais du 34,5 ou du 35. J’achète aussi chez Cosmo Paris, qui ne descend pas en dessous de la pointure 35. Pour les bottines, je vais chez Minelli ou chez Jonak. J’achète du 36 et je mets une grosse paire de chaussettes à l’intérieur.

Et pour le make-up ?

J’essaie au maximum de travailler le teint. Je mets du fond de teint (un Chanel), de la poudre et du bronzer. Sur les yeux, je me maquille très léger : juste un trait d’eye liner au ras des cils et du mascara. J’adore le rouge à lèvres mais je n’en mets pas pour aller travailler. Je n’en mets que pour sortir le soir.

Quelle est ta marque préférée de rouges à lèvres ?

J’adore les Yves Saint Laurent.

Pour finir, quelques questions pour mieux te connaître.

Ton vêtement fétiche.

L’intemporelle petite robe noire. Je peux aller au cabinet en robe noire avec une paire d’escarpins noirs et un blazer. C’est une tenue dans laquelle je suis complètement dans mon rôle. Puis quand je pars du cabinet, je mets un perfecto et une paire de talons de couleur pour aller boire un verre. C’est la robe intemporelle passe partout.

Ta pièce préférée chez PASW.

La chemise Helena blanche.

Les trois objets qui ne quittent pas ton sac à main.

Mon téléphone portable évidemment, un rouge à lèvres et une brosse à cheveux.

Ta dernière lecture.

« Je te promets la liberté » de Laurent Gounelle.

Tes prochaines vacances.

Mon voyage de noces à Bali en Août !

Félicitations ! Quand t’es-tu mariée ?

On s’est mariés l’été dernier, mais nous n’avons pas pas pu partir pour plein de raisons.

Ton plat préféré.

Les pizzas. Ma passion : la pizza à la truffe de chez Big Mama.

Ton dernier coup de cœur à nous partager.

Je profite de ce confinement pour me mettre au pilates. Je ne suis pas du tout sportive habituellement. Mais en ce moment, le fait que l’exercice physique soit réduit à néant m’a donné envie de bouger. J’ai besoin de me dépenser et de canaliser le stress du travail. Ça fait depuis quelques que j’en fais 45 minutes par jour. Et je comprends l’engouement de toutes mes copines pour ce sport qui fait bien travailler le corps !

Merci Idaline !

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