Plongeons aujourd'hui dans l'univers extraordinaire d'une femme qui, malgré sa petite taille, a dominé les scènes du monde entier : Sarah Bernhardt, une véritable légende du théâtre.

Née le 22 octobre 1844 à Paris, Sarah Bernhardt, de son vrai nom Henriette-Rosine Bernardt, a ébloui le monde par son talent, sa détermination et son charisme indéniable. Son parcours atypique, jalonné de succès et d'audace, demeure une grande source d'inspiration.

Sarah Bernhardt a su transcender sa petite stature pour devenir une géante du monde artistique, repoussant les limites et ouvrant la voie à de nouvelles possibilités pour les femmes dans le domaine du spectacle.


Une enfance voilée de mystère 

Originaire d'une famille modeste, sa mère, Judith-Julie Bernhardt est une courtisane d'origine hollandaise. Très énigmatique, elle ne donnera que peu d'amour à Sarah, lui préférant sa plus jeune sœur. Délaissée par sa mère chez une nourrice, Sarah grandit à Quimperlé où elle ne parle que le breton. Elle finira son éducation dans un couvent près de Versailles où l'envie de prononcer ses vœux sera finalement balayée par sa réussite au concours du Conservatoire d'art dramatique.


Elle laisse sans hésiter son histoire morose derrière elle. Un douloureux passé composé d'une mère peu présente, d'un père dont on ne lui a jamais révélé l'identité et de la perte de son acte de naissance. Ces facteurs laissent place à de nombreuses rumeurs et histoires, nourries par les rêveries de Sarah qui préfèrera recréer plutôt que de se remémorer. 


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Sarah Bernhardt et sa mère


Une ascension éclairée sur la scène parisienne

Sarah Bernhardt termine le Conservatoire avec le second prix de comédie et entre en 1862 à la Comédie Française. Elle n'y restera que peu de temps car le tempérament fougueux de Sarah lui vaudra d'être congédiée en 1866. En effet, Sarah n'hésite pas à gifler une actrice reconnue lorsque celle-ci ose s'en prendre à sa petite sœur. À cette période, Sarah est connue par la police des mœurs comme l'une des 415 "dames galantes" soupçonnées de prostitution clandestine. 

Sarah signe alors un contrat avec le théâtre parisien l'Odéon. Elle y jouera le rôle de la reine de Ruy Blas si merveilleusement que Victor Hugo, auteur de la pièce, la surnommera la " Voix d'or".  Cette réussite lui permet d'être rappelée par la Comédie Française où elle brillera notamment dans des pièces mémorables telles que "Phèdre" et "La Dame aux Camélias". Sarah Bernhardt connaît donc un succès fulgurant dès ses débuts sur les planches parisiennes. Ayant suivi des cours d'escrime dans sa jeunesse, Sarah est aussi capable de décrocher des rôles masculins comme Hamlet. C'est ainsi que sa voix envoûtante, sa présence scénique et sa capacité à incarner divers rôles lui valent rapidement une grande renommée nationale.


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Sarah Bernhardt dans Ruy Blas de Victor Hugo


Une vie d'indépendance et de gloire

Alors que tout semble pour le mieux à Paris, Sarah démissionne pour monter sa propre compagnie. En 1880, elle quitte la France sans se retourner pour aller faire fortune à l'étranger, devenant la première "star internationale". Ce choix fut couronné de succès car Sarah Bernhardt réalise une tournée triomphale sur les cinq continents, participant à la promotion de la langue française à l'étranger. Elle se produira à Londres, Copenhague, aux États-Unis, au Pérou, au Chilli, ainsi qu'en Russie. Elle sera même invitée pour jouer en Australie, et deviendra l'une des très rares artistes françaises à avoir son étoile sur le Walk of Fame. Jean Cocteau lui inventera l'expression " Monstre sacré" qui définit parfaitement son glorieux parcours. 

À son retour en France, Sarah Bernhardt reprend le direction de théâtres et enchante tout Paris. Pionnière dans la vision "corporelle" du jeu d'acteur, elle est autant appréciée que décriée comme trop érotique. Le , une « journée Sarah Bernhardt » est organisée à sa gloire où un hymne lui sera dédié. Véritable emblème, sa silhouette inspire la mode, les Arts décoratifs mais aussi l'Art nouveau. Son partenariat avec Alfons Mucha, qui dessine la plupart de ses affiches, donnera un second souffle à la carrière de Sarah. Comédienne puis actrice, elle tournera également dans quelques films muets au balbutiement du cinéma.


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 Affiche de Sarah Bernhardt dessinée par Alfons Mucha


Une femme malade et engagée

Souffrant de tuberculose comme sa sœur Régina, Sarah est amputée de la jambe droite en 1915 suite à une luxation qui n'a jamais été soignée. Sarah se retrouve privée de déplacements mais est loin de s'apitoyer sur son sort, bien au contraire. Elle continue de se produire sur scène assise et refuse de porter une prothèse. Elle ira régulièrement rendre visite aux Poilus sur le front en chaise à porteurs, lui valant le surnom de "Mère La Chaise". Cette infirmité ne sera jamais source de tristesse pour Sarah qui préfère la tourner en autodérision.

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Sarah Bernhardt après son amputation

Cette maladie ne l'empêche pas d'être une femme pleine d'idées et de défendre des causes qui lui tiennent à cœur, telles que l'éducation des enfants et l'amélioration des conditions de vie des artistes. Engagée auprès de nombreuses œuvres caritatives et humanitaires, Sarah œuvre pour le bien. Lors de l'affaire Dreyfus, Sarah montrera son soutient à Emile Zola et dénoncera la peine de mort comme un acte de cruauté.


Une influence et un héritage immortel

C'est en plein tournage que Sarah, véritable tragédienne, décède d'une insuffisance rénale; sa passion et sa vie fusionnant jusqu'à son dernier souffle. 

Sa carrière exceptionnelle a laissé une empreinte indélébile dans l'histoire du théâtre. Sarah Bernhardt a su transcender sa petite stature pour devenir une géante du monde artistique, repoussant les limites et ouvrant la voie à de nouvelles possibilités pour les femmes dans le domaine du spectacle.

Elle incarne parfaitement l'esprit de détermination et d'audace qui caractérise la femme moderne. Chez Petite and So What, nous célébrons cette icône qui a prouvé que la grandeur ne se mesure pas seulement en centimètres, mais en courage, en passion et en détermination.

 

Crédit photo : France Archives ; Beaux Arts ; Radio France ; Petit Palais.
Sources : Culture.gouv ; Francetvinfo ; Le Monde ; BNF Gallica 
27 janvier, 2024 — Elsa Sarracanie

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